Chirurgie réfractive 6 minutes de lecture

Éblouissements après une chirurgie réfractive : est-ce normal ?

Auteur : Dr CHARPENTIER Stacy

Après un LASIK, une PKR ou un SMILE, il est fréquent de percevoir des halos autour des phares, une sensibilité à la lumière ou une gêne accrue en vision nocturne. Ces éblouissements après chirurgie réfractive font généralement partie des suites opératoires précoces : la cornée, le film lacrymal et le système visuel ont besoin de temps pour se stabiliser. Ils doivent toutefois s’atténuer progressivement. 

Une gêne intense, qui s’aggrave ou s’accompagne d’une baisse de vision, mérite un avis médical rapide.  

Éblouissements après chirurgie réfractive : est-ce normal | Dr Charpentier | Paris

Pourquoi peut-on ressentir des éblouissements après une chirurgie réfractive ?

La chirurgie réfractive modifie la forme de la cornée afin de corriger la myopie, l’hypermétropie ou l’astigmatisme. Dans les premiers jours ou semaines, la surface cornéenne cicatrise et sa qualité optique peut fluctuer. La lumière se disperse alors davantage, ce qui favorise les halos, les rayons autour des sources lumineuses et une diminution du contraste.

Le phénomène est souvent plus visible la nuit. Lorsque la pupille se dilate, les rayons lumineux traversent une zone cornéenne plus large. Certaines études après LASIK ont retrouvé davantage d’éblouissements et de halos chez les patients ayant de grandes pupilles au début de la récupération, sans relation persistante à six mois [1]. Les aberrations optiques d’ordre supérieur ou une petite correction résiduelle peuvent également influencer la vision après une chirurgie réfractive.  

La sécheresse oculaire joue aussi un rôle important. Le LASIK, la PKR et le SMILE peuvent perturber temporairement la sensibilité cornéenne et la stabilité du film lacrymal. 

Une surface oculaire irrégulièrement lubrifiée donne une vision fluctuante, parfois plus brouillée après les écrans, en fin de journée ou dans un environnement climatisé. 

Une étude comparative a observé une sécheresse légère à modérée un mois après LASIK comme après SMILE, avec un retentissement moins marqué à six mois dans le groupe SMILE [2].  

Combien de temps durent les halos et les éblouissements ?

Il n’existe pas de durée identique pour tous les patients. Après LASIK, les éblouissements et halos peuvent culminer au cours du premier mois, puis diminuer progressivement [3]. Après SMILE, des études prospectives ont retrouvé une augmentation précoce de la taille des halos, avec un retour proche du niveau initial vers trois mois chez de nombreux patients [4].  

La récupération visuelle après PKR est souvent plus progressive, car l’épithélium cornéen doit se reformer. Dans une étude prospective comparant LASIK et PKR avec mitomycine C, la qualité visuelle revenait au niveau préopératoire plus rapidement après LASIK qu’après PKR [5]. Ces délais sont des moyennes et non une échéance garantie.  

La durée dépend notamment de la correction initiale, de la technique employée, de la cicatrisation, de la sécheresse oculaire et de la qualité de la vision nocturne avant l’intervention. Les études PROWL montrent d’ailleurs que certains symptômes visuels sont déjà présents avant le LASIK. 

Globalement, leur fréquence diminue après l’opération, même si certains patients signalent de nouveaux halos ou éblouissements durant les premiers mois [6].  

Peut-on limiter les éblouissements après l’opération ?

Quelques mesures simples peuvent améliorer le confort pendant les suites opératoires :

  • respecter précisément les collyres et les rendez-vous prescrits 
  • utiliser uniquement les larmes artificielles recommandées par le chirurgien 
  • porter des lunettes de soleil à l’extérieur et éviter de fixer les sources lumineuses 
  • limiter la conduite nocturne tant que les halos gênent la lecture des panneaux, la perception des piétons ou l’évaluation des distances 
  • faire des pauses régulières devant les écrans et ne pas se frotter les yeux

Les consignes personnalisées de votre équipe opératoire priment toujours sur ces conseils généraux.

Des essais cliniques montrent que les larmes artificielles peuvent soulager la sécheresse après LASIK et contribuer au confort visuel [7]. En revanche, aucun collyre destiné à réduire la pupille ne doit être utilisé sans prescription : la prise en charge dépend de la cause réelle des éblouissements.  

Quand faut-il consulter son chirurgien ?

Contactez rapidement votre chirurgien en cas de baisse soudaine ou progressive de la vision, douleur importante, rougeur marquée, sécrétions, traumatisme, voile persistant ou sensibilité à la lumière qui s’intensifie. Une gêne très asymétrique entre les deux yeux doit également être signalée, car certaines complications inflammatoires ou infectieuses nécessitent une prise en charge précoce [8].  

Même sans urgence, un contrôle est indiqué si les halos après chirurgie réfractive ne diminuent pas, empêchent durablement la conduite de nuit ou restent très gênants au-delà de la période annoncée par votre chirurgien. L’examen permet de rechercher une sécheresse oculaire, une inflammation, un défaut de cicatrisation, une opacification cornéenne superficielle, appelée « haze »  après PKR, ou une correction résiduelle. Dans la majorité des cas, ces effets secondaires de la chirurgie réfractive s’améliorent avec la stabilisation de la cornée et une prise en charge adaptée de la surface oculaire.  

Références scientifiques indexées dans PubMed

  1. Schallhorn SC, Kaupp SE, Tanzer DJ, et al. Pupil size and quality of vision after LASIK. Ophthalmology. 2003;110(8):1606-1614. PMID : 12917181.  
  2. Denoyer A, Landman E, Trinh L, et al. Dry eye disease after refractive surgery: comparative outcomes of small incision lenticule extraction versus LASIK. Ophthalmology. 2015;122(4):669-676. PMID : 25458707.  
  3. Lackner B, Pieh S, Schmidinger G, et al. Glare and halo phenomena after laser in situ keratomileusis. Journal of Cataract & Refractive Surgery. 2003;29(3):444-450. PMID : 12663004.  
  4. Zhao W, et al. Evaluating early-stage disk halo changes after small incision lenticule extraction. European Journal of Ophthalmology. 2023;33(2):831-839. PMID : 36377271.  
  5. Gao H, Miles TP, Troche R, et al. Quality of Vision Following LASIK and PRK-MMC for Treatment of Myopia. Military Medicine. 2022;187(9-10):e1051-e1058. PMID : 33629728.  
  6. Eydelman M, Hilmantel G, Tarver ME, et al. Symptoms and Satisfaction of Patients in the Patient-Reported Outcomes With Laser In Situ Keratomileusis Studies. JAMA Ophthalmology. 2017;135(1):13-22. PMID : 27893066.  
  7. Wallerstein A, Jackson WB, Chambers J, et al. Management of post-LASIK dry eye: a multicenter randomized comparison of a new multi-ingredient artificial tear to carboxymethylcellulose. Clinical Ophthalmology. 2018;12:839-848. PMID : 29765198.  
  8. Sahay P, Bafna RK, Reddy JC, Vajpayee RB, Sharma N. Complications of laser-assisted in situ keratomileusis. Indian Journal of Ophthalmology. 2021;69(7):1658-1669. PMID : 34146007.  

FAQ sur les éblouissements après une chirurgie réfractive

Peut-on conduire la nuit après un LASIK, une PKR ou un SMILE ?

La conduite nocturne doit être reprise uniquement lorsque la vision est suffisamment nette et que les halos ou les éblouissements ne gênent pas la perception des panneaux, des distances et des autres usagers. Dans les premiers jours ou semaines, les phares peuvent paraître entourés d’un halo, notamment en raison de la cicatrisation cornéenne et de la sécheresse oculaire. La récupération visuelle étant différente après un LASIK, une PKR ou un SMILE, il est important de respecter les recommandations du chirurgien. En cas de doute, mieux vaut éviter de conduire la nuit jusqu’au prochain contrôle.

Les halos après une chirurgie réfractive peuvent-ils devenir permanents ?

Dans la majorité des cas, les halos et les éblouissements diminuent progressivement au cours des semaines ou des mois suivant l’intervention [3, 4, 6]. Plus rarement, ils peuvent persister en présence d’une sécheresse oculaire, d’une correction résiduelle, d’aberrations optiques ou d’une cicatrisation irrégulière. Si ces symptômes restent stables, s’aggravent ou affectent durablement la vision nocturne, un examen ophtalmologique est recommandé afin d’en identifier la cause et de proposer une prise en charge adaptée.