Chirurgie réfractive 6 minutes de lecture

Infection après chirurgie réfractive (LASIK, PKR, SMILE) : quels sont les risques réels ?

Auteur : Dr CHARPENTIER Stacy

La chirurgie réfractive corrige la myopie, l’hypermétropie, l’astigmatisme ou la presbytie en remodelant la cornée. Une infection cornéenne, appelée kératite infectieuse, est possible après un LASIK, une PKR ou un SMILE, mais reste très rare. En reconnaître les signes permet d’obtenir rapidement un avis ophtalmologique et de protéger la vision.

Infection après chirurgie réfractive

Quel est le risque d’infection après une chirurgie réfractive ?

Les chiffres varient selon la technique et les protocoles étudiés. Dans une vaste série publiée en 2017, une kératite microbienne probable ou certaine a été observée après 0,0046 % des LASIK, soit environ 1 cas pour 21 700 interventions, et après 0,013 % des PKR, soit environ 1 cas pour 7 400 interventions [1]. Une étude antérieure portant sur 204 586 LASIK rapportait 0,035 % [2]. Pour la PKR, une série récente de 38 938 procédures a retrouvé 0,018 % [3].  

Ces valeurs sont des repères de population, non la prédiction du risque individuel. Pour le SMILE, des infections ont été décrites, mais les données restent trop limitées pour établir une incidence aussi robuste que pour le LASIK ou la PKR [4].  

Technique Particularité Repères publiés À retenir
LASIK Volet cornéen ; épithélium préservé 0,0046 à 0,035 % Risque très faible
PKR Retrait de l’épithélium ; lentille pansement Environ 0,013 à 0,02 % Risque très faible, souvent un peu supérieur
SMILE Petite incision ; interface intrastromale Incidence mal quantifiée car technique plus récente Complication exceptionnelle, mais possible
LASIK
Particularité
Volet cornéen ; épithélium préservé
Repères publiés
0,0046 à 0,035 %
À retenir
Risque très faible
PKR
Particularité
Retrait de l’épithélium ; lentille pansement
Repères publiés
Environ 0,013 à 0,02 %
À retenir
Risque très faible, souvent un peu supérieur
SMILE
Particularité
Petite incision ; interface intrastromale
Repères publiés
Incidence mal quantifiée car technique plus récente
À retenir
Complication exceptionnelle, mais possible

Pourquoi la vigilance est-elle accrue après une PKR ?

Après une PKR, l’épithélium cornéen se reforme durant les premiers jours. Cette barrière temporairement incomplète et la lentille pansement justifient une surveillance attentive. La sécheresse oculaire, une blépharite et la manipulation de la lentille ont été identifiées comme facteurs favorisants dans certaines séries [5]. Ces éléments sont recherchés et, si nécessaire, traités avant l’intervention.

Quels symptômes doivent alerter ?

Une irritation légère, un larmoiement, une sensation de grain de sable ou une vision fluctuante peuvent appartenir aux suites habituelles, surtout après une PKR. En revanche, une douleur importante ou croissante, une rougeur marquée, une baisse de vision, une forte sensibilité à la lumière, des sécrétions ou un point blanc sur la cornée imposent de contacter immédiatement le chirurgien ou une urgence ophtalmologique.

La majorité des infections apparaît durant la première semaine, même si des formes tardives existent [6]. Il ne faut donc pas attendre le prochain contrôle en cas de symptôme inhabituel.  

Schéma réflexe : douleur croissante, baisse visuelle, photophobie ou sécrétions → appeler le chirurgien le jour même → examen ophtalmologique → traitement rapide si une infection est suspectée.

Comment prévenir une infection après LASIK, PKR ou SMILE ?

La prévention associe l’évaluation préopératoire de la surface oculaire, l’asepsie chirurgicale et le respect du traitement prescrit. Après l’intervention, il faut se laver les mains avant les collyres, ne pas toucher ni frotter les yeux, ne jamais manipuler une lentille pansement et éviter l’eau, la baignade, les poussières et le maquillage oculaire jusqu’à l’autorisation du chirurgien.

Les collyres antibiotiques et anti-inflammatoires doivent être utilisés selon l’ordonnance, sans automédication. Les rendez-vous postopératoires restent indispensables, même lorsque la récupération paraît normale.

Comment une infection est-elle prise en charge ?

L’examen à la lampe à fente aide à distinguer une infection d’une inflammation non infectieuse. Selon l’aspect clinique, un prélèvement peut être réalisé avant l’instauration rapide de collyres antimicrobiens intensifs. Après un LASIK ou un SMILE, un lavage de l’interface peut être nécessaire ; une chirurgie cornéenne complémentaire reste exceptionnelle. Une prise en charge précoce limite le risque de cicatrice et de baisse visuelle durable.

FAQ

Une rougeur signifie-t-elle forcément une infection ?

Non. Une rougeur isolée peut être banale. Associée à une douleur croissante, une baisse de vision, une photophobie ou des sécrétions, elle doit faire consulter sans attendre.

Les lentilles de contact sont-elles plus risquées que le LASIK ?

Cela dépend du type de lentille, du port nocturne, de l’hygiène et de la durée d’exposition. Une méta-analyse a estimé le risque proche après un an, puis plus élevé avec les lentilles au fil des années, surtout en port prolongé [7]. Un taux annuel unique de 0,3 % ne peut donc pas être appliqué à tous les porteurs de lentilles mensuelles.

Peut-on supprimer totalement le risque d’infection ?

Non, mais le bilan préopératoire, l’asepsie, l’observance du traitement et le suivi postopératoire le réduisent fortement.

En conclusion

L’infection après chirurgie réfractive est rare, mais potentiellement urgente. Lors d’une consultation de chirurgie réfractive à Paris, le Dr Stacy Charpentier évalue la surface oculaire, choisit la technique adaptée et explique les mesures de prévention. Après l’opération, toute douleur inhabituelle ou baisse visuelle nécessite un avis ophtalmologique immédiat.

Références scientifiques PubMed

  • [1] Schallhorn JM, Schallhorn SC, Hettinger K, Hannan S. Infectious keratitis after laser vision correction: Incidence and risk factors. Journal of Cataract & Refractive Surgery. 2017;43(4):473–479. PMID : 28532931.
  • [2] Llovet F, de Rojas V, Interlandi E, et al. Infectious keratitis in 204,586 LASIK procedures. Ophthalmology. 2010;117(2):232–238.e4. PMID : 20006909.
  • [3] Attar A, Jamali H, Ortega-Usobiaga J, et al. Infectious keratitis following photorefractive keratectomy: a 13-year study at a tertiary center. Journal of Ophthalmic Inflammation and Infection. 2025;15:4. PMID : 39792283.
  • [4] Li J, Ren SW, Dai LJ, et al. Bacterial Keratitis Following Small Incision Lenticule Extraction. Infection and Drug Resistance. 2022;15:4585–4593. PMID : 35999830.
  • [5] Soleimani M, Keykhaei M, Tabatabaei SA, et al. Post photorefractive keratectomy infectious keratitis; six-year experience of a tertiary eye hospital. Eye. 2023;37(4):631–637. PMID : 35273348.
  • [6] Liu J, Guo X, Wei Z, et al. Infectious Keratitis After Keratorefractive Surgery: Update and Review of the Literature. Eye & Contact Lens. 2023;49(7):275–282. PMID : 37166228.
  • [7] Masters J, Kocak M, Waite A. Risk for microbial keratitis: Comparative metaanalysis of contact lens wearers and post-LASIK patients. Journal of Cataract & Refractive Surgery. 2017;43(1):67–73. PMID : 28317680.

Chirurgien ophtalmologue à Paris

Dr Stacy Charpentier

Diplômée de la Faculté de Médecine de Paris et ancienne interne des hôpitaux de Paris, le Dr Stacy Charpentier met son expertise au service de la chirurgie de haute précision. Formée aux dernières technologies à Paris et Londres, elle allie excellence académique, innovation et approche humaine.

  • Spécialiste en chirurgie réfractive (LASIK, SMILE), cataracte et rétine
  • Ancienne cheffe de clinique des Hôpitaux des armées et formatrice
  • Membre engagée du conseil d’administration de l’ONG Terres d’Ophtalmo
  • N° RPPS : 10102054789