SMILE ou LASIK : quelles différences concrètes ?
Comment fonctionnent le SMILE et le LASIK ?
Le LASIK se déroule en deux étapes. Un laser femtoseconde crée un volet cornéen très fin, appelé flap. Le chirurgien le soulève, puis un laser excimer remodèle la cornée selon la correction nécessaire. Le volet est ensuite remis en place, sans suture.
Avec le SMILE, Small Incision Lenticule Extraction, le laser femtoseconde découpe dans l’épaisseur de la cornée une fine lentille de tissu, ou lenticule. Le chirurgien l’extrait par une petite incision. Ce retrait modifie la courbure cornéenne et permet la correction de la myopie, avec ou sans astigmatisme selon les cas [1,2].
Tableau comparatif : différence SMILE LASIK
| Critère | SMILE | LASIK |
|---|---|---|
| Accès à la cornée | Petite incision, sans volet | Création puis repositionnement d’un volet |
| Laser utilisé | Laser femtoseconde | Laser femtoseconde puis laser excimer |
| Défauts principalement corrigés | Myopie, avec ou sans astigmatisme | Champ de correction plus large selon l’éligibilité |
| Récupération visuelle | Rapide, parfois progressive sur quelques jours | Souvent très rapide en 3 heures, avec une vision utile dès le lendemain |
| Sécheresse oculaire | 1 à 3 mois | 3 à 6 mois |
| Volet cornéen | Non | Oui |
| Sports avec risque de choc | Sans risque | Reprise du sport à planifier avec le chirurgien |
| Personnalisation | Possibilités variables selon les plateformes | Options guidées par topographie ou front d’onde dans certains cas |
Sources : études comparatives et méta-analyses citées en références [1,3,8,9].
Quelles différences pendant l’opération des yeux ?
Les deux interventions sont ambulatoires et réalisées sous anesthésie locale par collyres. Le patient fixe une lumière. Une pression ou une gêne brève peut être ressentie, mais le geste est habituellement peu douloureux.
La principale différence SMILE/LASIK concerne l’accès au tissu cornéen. Sans volet, le SMILE évite les complications post-opératoires propres au déplacement du flap qui sont très rares. Le LASIK bénéficie cependant d’un recul clinique important et de davantage d’options de personnalisation.
Le nombre de dioptries ne suffit pas pour choisir. La forme et l’épaisseur de la cornée, la stabilité de la correction, la sécheresse oculaire, l’âge, la profession et les activités sportives sont étudiés lors du bilan préopératoire.
Récupération LASIK ou récupération SMILE ?
La récupération LASIK est souvent très rapide. Beaucoup de patients disposent d’une vision utile dès le lendemain, même si un voile, des halos ou des fluctuations peuvent persister temporairement. La récupération SMILE est également rapide, mais la netteté maximale peut parfois demander quelques jours de plus.
Dans un essai randomisé comparant les deux yeux d’un même patient, le LASIK guidé par front d’onde a présenté une récupération initiale plus rapide et de meilleurs résultats sur certains critères visuels. Les deux techniques apportaient néanmoins une nette amélioration et une excellente prédictibilité [3].
D’autres essais et méta-analyses concluent à des résultats globalement comparables en matière d’efficacité, de sécurité et de précision chez les patients correctement sélectionnés [4,5,8].
Le SMILE réduit-il la sécheresse oculaire ?
Le SMILE sectionne moins de nerfs cornéens superficiels et peut préserver davantage la sensibilité cornéenne pendant les premiers mois [5,6]. Il ne supprime toutefois pas le risque de sécheresse. Un essai randomisé a observé une dénervation initiale plus importante après LASIK, sans différence nette dans les symptômes ressentis ; à douze mois, la sensibilité était revenue à son niveau initial dans les deux groupes [6].
Une méta-analyse publiée en 2025 a retrouvé, après SMILE, une meilleure stabilité du film lacrymal et une meilleure préservation de la sensibilité cornéenne.
Les scores de symptômes restaient toutefois similaires entre les deux techniques [9]. Il reste indispensable d’évaluer et de traiter une sécheresse préexistante avant toute chirurgie.
SMILE ou LASIK : quelle technique choisir ?
Le SMILE peut être envisagé chez certains patients myopes, notamment lorsque l’absence de volet présente un intérêt. Le LASIK peut être privilégié lorsque l’on recherche une récupération visuelle particulièrement rapide, qu’un traitement personnalisé est indiqué ou que le défaut à corriger n’entre pas dans les indications habituelles du SMILE.
Choisir entre ces deux formes de chirurgie réfractive ne revient pas à opposer une technique moderne à une technique dépassée. La meilleure opération des yeux est celle qui offre, pour un patient donné, le meilleur équilibre entre qualité visuelle, sécurité, confort et mode de vie. Seul un bilan complet permet de confirmer l’éligibilité et de décider entre SMILE ou LASIK.
Références scientifiques PubMed
[1] Titiyal JS, Kaur M, Shaikh F, Gagrani M, Brar AS, Rathi A. Small incision lenticule extraction (SMILE) techniques: patient selection and perspectives. Clinical Ophthalmology. 2018;12:1685-1699. PMID: 30233132.
[2] Ganesh S, Gupta R. Comparison of visual and refractive outcomes following femtosecond laser-assisted LASIK with SMILE in patients with myopia or myopic astigmatism. Journal of Refractive Surgery. 2014;30(9):590-596. PMID: 25250415.
[3] Chiang B, Valerio GS, Manche EE. Prospective, randomized, contralateral eye comparison of wavefront-guided LASIK and SMILE refractive surgeries. American Journal of Ophthalmology. 2022;237:211-220. PMID: 34788593.
[4] Ang M, Farook M, Htoon HM, Mehta JS. Randomized Clinical Trial Comparing Femtosecond LASIK and Small-Incision Lenticule Extraction. Ophthalmology. 2020;127(6):724-730. PMID: 31619358.
[5] Zhang Y, Shen Q, Jia Y, Zhou D, Zhou J. Clinical Outcomes of SMILE and FS-LASIK Used to Treat Myopia: A Meta-analysis. Journal of Refractive Surgery. 2016;32(4):256-265. PMID: 27070233.
[6] Ma KK, Manche EE. Corneal Sensitivity and Patient-Reported Dry Eye Symptoms in a Prospective Randomized Contralateral-Eye Trial Comparing LASIK and SMILE. American Journal of Ophthalmology. 2022;241:248-253. PMID: 35594919.
[7] Shen Z, Zhu Y, Song X, Yan J, Yao K. Dry Eye after Small Incision Lenticule Extraction (SMILE) versus Femtosecond Laser-Assisted In Situ Keratomileusis (FS-LASIK) for Myopia: A Meta-Analysis. PLOS ONE. 2016;11(12):e0168081. PMID: 27992482.
[8] Wei C, Liu J, Zhang C, Liu JY, Lu YM. Clinical outcomes of SMILE and WFG-LASIK used to treat myopia and astigmatism: A systematic review and meta-analysis. Journal Français d’Ophtalmologie. 2024;47(4):104085. PMID: 38377878.
[9] Chen KY, Chan HC, Chan CM. How Effective Is Keratorefractive Lenticule Extraction Surgery (KLEx) in Reducing Dry Eye Outcomes Compared to LASIK? A Systematic Review and Meta-analysis. Journal of Refractive Surgery. 2025;41(8):e839-e854. PMID: 40778870.
FAQ : SMILE ou LASIK
Le SMILE est-il plus sûr que le LASIK ?
Le SMILE et le LASIK présentent tous deux un niveau élevé d’efficacité, de précision et de sécurité chez des patients correctement sélectionnés [3-5]. Leur profil de risque n’est toutefois pas identique. Comme le SMILE ne nécessite pas la création d’un volet cornéen, il évite les complications spécifiques au flap du LASIK, notamment son déplacement après un traumatisme. Cela ne signifie pas pour autant que le SMILE est sans risque : inflammation, sécheresse oculaire, sous-correction, surcorrection ou troubles visuels transitoires peuvent survenir avec les deux techniques. Le choix le plus sûr dépend de la cornée, de la correction à traiter, de la surface oculaire et du mode de vie du patient.
La myopie peut-elle revenir après un SMILE ou un LASIK ?
Le laser des yeux corrige la myopie présente au moment de l’intervention en modifiant la courbure de la cornée, mais il n’empêche pas toujours une évolution ultérieure de l’œil. Une légère régression de la correction ou une nouvelle progression de la myopie peut donc apparaître après un SMILE ou un LASIK, notamment lorsque la réfraction n’était pas parfaitement stable avant l’opération. La presbytie peut également entraîner un besoin de lunettes pour lire avec l’âge, sans correspondre à un retour de la myopie. En cas de baisse visuelle secondaire, un bilan permet d’en rechercher la cause et de déterminer si des lunettes, des lentilles ou une retouche chirurgicale peuvent être envisagées.
Chirurgien ophtalmologue à Paris
Dr Stacy Charpentier
Diplômée de la Faculté de Médecine de Paris et ancienne interne des hôpitaux de Paris, le Dr Stacy Charpentier met son expertise au service de la chirurgie de haute précision. Formée aux dernières technologies à Paris et Londres, elle allie excellence académique, innovation et approche humaine.
- Spécialiste en chirurgie réfractive (LASIK, SMILE), cataracte et rétine
- Ancienne cheffe de clinique des Hôpitaux des armées et formatrice
- Membre engagée du conseil d’administration de l’ONG Terres d’Ophtalmo
- N° RPPS : 10102054789