Haze après PKR et transPKR : faut-il encore s’en préoccuper ?
En résumé
Le haze post-PKR est un voile cicatriciel cornéen autrefois redouté, mais aujourd’hui parfaitement maîtrisé grâce à la mitomycine C, aux protocoles de corticoïdes locaux et à l’optimisation des profils d’ablation laser. Si sa survenue est devenue exceptionnelle, la prévention demeure systématique, en particulier lors des traitements de fortes myopies.
Mon avis
Le haze n’est plus un frein à la réalisation d’une PKR, car nous disposons de moyens préventifs d’une grande efficacité pour garantir une cornée parfaitement transparente.
Qu’est-ce que le haze cornéen ?
Le haze est une perte de transparence de la cornée liée à une cicatrisation fibreuse, généralement située sous l’épithélium, sa couche superficielle.
Après une chirurgie de surface, les signaux inflammatoires peuvent favoriser la transformation de certaines cellules en myofibroblastes. Ces cellules produisent un tissu cicatriciel qui diffuse davantage la lumière (1).
Un haze discret peut être visible uniquement à l’examen, sans gêner le patient. Une forme plus marquée peut provoquer un voile, des éblouissements, une diminution des contrastes ou une baisse de vision. Le haze n’est pas une infection, mais seul un examen permet d’identifier la cause d’un trouble visuel postopératoire.
Quand peut-il apparaître ?
Le haze peut se développer dans les semaines ou les mois suivant l’intervention. Des formes plus tardives existent également. Une surveillance limitée aux premiers jours ne suffit donc pas.
Le flou immédiatement après PKR correspond souvent à la reconstruction de l’épithélium et aux irrégularités transitoires de surface. Il ne doit pas être automatiquement qualifié de haze.
L’ophtalmologiste examine la cornée à la lampe à fente. Selon la situation, un OCT cornéen ou d’autres mesures peuvent préciser la profondeur et l’étendue de l’opacité (2).
PKR et transPKR : le risque est-il différent ?
Les deux techniques sont des chirurgies de surface. En PKR conventionnelle, l’épithélium est retiré mécaniquement ou avec l’aide d’une solution alcoolisée. En transPKR, il est retiré au laser.
| Point comparé | PKR conventionnelle | transPKR |
|---|---|---|
| Retrait de l’épithélium | Mécanique ou assisté par alcool | Réalisé au laser |
| Cicatrisation de surface | Nécessaire | Nécessaire |
| Possibilité de haze | Oui | Oui |
| Prévention | Adaptée au traitement et au patient | Également nécessaire |
Une méta-analyse comparant les techniques rapporte des résultats réfractifs globalement comparables, avec certains avantages de récupération pour la transPKR. Elle ne permet pas de présenter cette dernière comme une technique sans risque de haze (3).
Quels facteurs favorisent le haze ?
La profondeur de l’ablation constitue un facteur important : retirer davantage de tissu peut stimuler une réponse cicatricielle plus marquée. Les fortes corrections nécessitent donc une évaluation attentive.
L’exposition aux ultraviolets, un retard de cicatrisation épithéliale et certains antécédents cornéens peuvent également intervenir (1,2).
Une cornée fine n’est pas, à elle seule, synonyme de haze. Elle compte surtout dans l’évaluation globale de la sécurité opératoire. Le bilan doit analyser l’épaisseur, la forme de la cornée, la correction envisagée et l’état de la surface oculaire.
Comment prévenir le haze après PKR ?
La prévention commence par une indication adaptée et la prise en charge des anomalies de surface avant l’opération.
La mitomycine C peut être appliquée par le chirurgien pendant l’intervention pour limiter la prolifération cellulaire responsable de la fibrose. Une méta-analyse portant sur 3 536 yeux confirme une réduction du risque de haze avec son utilisation (4).
Son application n’est cependant pas un geste anodin : concentration, durée d’exposition et rinçage relèvent d’un protocole médical. Elle ne constitue pas un collyre à utiliser soi-même.
Après l’intervention, les mesures essentielles comprennent la protection contre les UV, le respect du traitement prescrit et les contrôles. Les corticoïdes nécessitent notamment une surveillance de la pression oculaire. Les larmes artificielles améliorent la surface oculaire, sans garantir à elles seules l’absence de haze.
Quels traitements si un haze apparaît ?
La prise en charge dépend de l’ancienneté, de la profondeur et du retentissement visuel. Une opacité légère peut être surveillée ; certaines formes précoces peuvent répondre aux corticoïdes prescrits.
Un haze persistant et gênant peut nécessiter un traitement spécialisé, notamment une photokératectomie thérapeutique, ou PTK, qui retire au laser du tissu opacifié. Cette décision demande une évaluation précise et ne concerne pas tous les patients (2).
FAQ
Le haze disparaît-il toujours spontanément?
Non. Certaines formes s’atténuent progressivement, tandis que d’autres persistent et nécessitent un traitement.
Peut-on annoncer un taux de risque unique?
Non. Les études distinguent imparfaitement les opacités minimes des formes gênantes, et les corrections comme les protocoles varient.
Quand consulter rapidement?
Une baisse de vision, une douleur croissante, une rougeur importante ou une forte gêne lumineuse justifient un avis rapide, sans attendre le prochain contrôle.
Qu’est-ce que le haze après une chirurgie de la myopie par PKR?
Le haze cornéen est une opacification ou un voile cicatriciel temporaire qui se forme dans le stroma superficiel de la cornée durant la phase de guérison. Il résulte d’une réaction cicatricielle exagérée des kératocytes après la photoablation au laser.
La survenue du haze est-elle encore fréquente aujourd’hui après une TransPKR?
Non, la survenue d’un haze significatif est devenue extrêmement rare avec les technologies actuelles. Grâce à l’utilisation systématique de la mitomycine C et aux profils de lissage des lasers de dernière génération, ce risque concerne désormais moins de 1 % des patients.
Comment la mitomycine C permet-elle de prévenir le haze cornéen?
La mitomycine C est un agent antiprolifératif que j’applique sous forme de compresse imbibée sur la cornée durant quelques secondes immédiatement après le passage du laser. Elle bloque temporairement la prolifération excessive des fibroblastes responsables du voile cicatriciel.
Quels sont les facteurs qui augmentent le risque d’apparition d’un haze?
Les facteurs de risque principaux sont le traitement de myopies fortes ou complexes nécessitant une ablation stromale profonde, une exposition précoce aux rayons UV sans protection solaire, ainsi qu’une inflammation oculaire mal contrôlée.
Quel est le rôle des collyres corticoïdes dans la prévention du haze?
Les collyres corticoïdes prescrits après l’intervention permettent de modérer la réponse inflammatoire de votre cornée. En respectant scrupuleusement la posologie et la durée du traitement sur plusieurs semaines, nous favorisons un lissage harmonieux et transparent de la surface oculaire.
Faut-il porter des lunettes de soleil après une chirurgie par PKR pour éviter le haze?
Absolument. Les rayons ultraviolets (UV) stimulent la réaction cicatricielle des cellules de la cornée et favorisent l’apparition du haze. Je vous demande donc de porter impérativement des lunettes de soleil de catégorie 3 lors de vos sorties extérieures durant les premiers mois.
Quels sont les symptômes ressentis en cas de développement d’un haze cornéen?
Un haze se traduit par une sensation de vision floue ou voilée qui persiste au-delà des premières semaines de cicatrisation, parfois accompagnée d’une baisse de sensibilité aux contrastes ou d’éblouissements gênants.
Le haze cornéen est-il définitif ou peut-il se traiter s’il apparaît?
Dans la grande majorité des cas, le haze est transitoire et réversible. S’il survient, un renforcement du traitement par des collyres corticoïdes locaux ou un collyre adapté suffit généralement à faire régresser le voile et à restaurer la transparence cornéenne.
La TransPKR présente-t-elle moins de risque de haze que la PKR classique?
La TransPKR (tout-laser) permet une désépithélisation d’une extrême régularité sans grattage manuel, réduisant ainsi le traumatisme tissulaire et la réaction inflammatoire initiale, ce qui contribue à limiter le risque de haze.
Le risque de haze justifie-t-il de préférer le LASIK à la PKR?
Pas du tout. Même si le LASIK n’entraîne quasiment aucun risque de haze, la PKR reste indispensable et parfaitement sécurisée pour les cornées fines ou les sportifs. Le protocole préventif moderne garantit des résultats visuels tout aussi excellents en PKR.
Information médicale : cet article ne remplace pas les consignes personnalisées de votre chirurgien ni une consultation en cas de symptôme inhabituel.
Références scientifiques
(1) Charpentier S, Keilani C, Maréchal M, et al. Corneal haze post photorefractive keratectomy. J Fr Ophtalmol.2021;44(9):1425–1438. PubMed.
(2) Moshirfar M, Wang Q, Theis J, et al. Management of Corneal Haze After Photorefractive Keratectomy. Ophthalmol Ther. 2023;12(6):2841–2862. PubMed.
(3) Alasbali T. Transepithelial Photorefractive Keratectomy Compared to Conventional Photorefractive Keratectomy: A Meta-Analysis. J Ophthalmol. 2022;2022:3022672. PubMed.
(4) Chang YM, Liang CM, Weng TH, Chien KH, Lee CH. Mitomycin C for the prevention of corneal haze in photorefractive keratectomy: a meta-analysis and trial sequential analysis. Acta Ophthalmol. 2021;99(6):652–662. PubMed.
Chirurgien ophtalmologue à Paris
Dr Stacy Charpentier
Diplômée de la Faculté de Médecine de Paris et ancienne interne des hôpitaux de Paris, le Dr Stacy Charpentier met son expertise au service de la chirurgie de haute précision. Formée aux dernières technologies à Paris et Londres, elle allie excellence académique, innovation et approche humaine.
- Spécialiste en chirurgie réfractive (LASIK, SMILE), cataracte et rétine
- Ancienne cheffe de clinique des Hôpitaux des armées et formatrice
- Membre engagée du conseil d’administration de l’ONG Terres d’Ophtalmo
- N° RPPS : 10102054789