Chirurgie réfractive 5 minutes de lecture

Prévention du haze post PKR/transPKR : est-ce encore un sujet ?

Pendant longtemps, le haze cornéen a été l’une des principales inquiétudes associées à la chirurgie réfractive de surface par PKR. Aujourd’hui, grâce aux avancées technologiques, aux protocoles précis et à une meilleure compréhension de la cicatrisation, cette complication est devenue rare. Pourtant, le sujet continue de susciter des questions, notamment chez les patients qui hésitent entre PKR, trans-PKR et LASIK

Comprendre ce qu’est réellement le haze, à quel moment il peut apparaître et comment il est prévenu dans les pratiques modernes permet de replacer la PKR dans sa réalité actuelle, bien différente de celle des années 1990.

Haze post PKR/transPKR

Qu’est-ce que le haze cornéen après une PKR ou transPKR ?

Le haze correspond à une opacification superficielle de la cornée liée à une réaction cicatricielle exagérée après un laser de surface. Il ne s’agit pas d’une infection, ni d’une inflammation classique, mais d’un remodelage tissulaire trop vigoureux induit par certains kératocytes. Le phénomène se manifeste par une légère perte de transparence cornéenne qui peut entraîner une vision plus terne ou moins nette, souvent perçue comme un voile.

Il est important de souligner que le haze est un processus dynamique. Il peut apparaître progressivement, atteindre un pic, puis régresser spontanément dans la majorité des cas. Sa sévérité dépend de nombreux facteurs comme l’épaisseur de tissu retiré, la nature du laser utilisé, l’exposition aux UV et les caractéristiques propres au patient. 

Autrefois redoutée, cette réaction est aujourd’hui largement maîtrisée grâce à des contrôles très rigoureux des profils d’ablation et à des mesures préventives systématiques.

À quel moment le haze est-il le plus à risque ?

Le risque de haze est historiquement associé aux corrections fortes, en particulier chez les patients ayant une myopie élevée traitée en PKR ou en transPKR. Plus l’ablation est profonde, plus la stimulation kératocytaire est importante et plus la cicatrisation peut devenir fibreuse. Le risque est également plus élevé en cas d’exposition précoce aux UV, notamment l’été ou dans les régions tropicales, car les UV activent certains mécanismes biologiques responsables du haze.

Le haze n’apparaît généralement pas immédiatement après la chirurgie. Il se développe progressivement dans les semaines qui suivent, parfois jusqu’au troisième ou quatrième mois. Cette temporalité explique l’importance du suivi postopératoire, car l’apparition d’un début de haze peut être détectée tôt et traitée avant qu’il ne s’installe.

Les patients ayant une cornée très fine, un antécédent de chirurgie de surface ou des particularités cicatricielles individuelles peuvent également présenter un risque légèrement supérieur. Toutefois, même dans ces situations, les protocoles actuels permettent d’assurer une sécurité largement suffisante.

Quelles sont les techniques actuelles de prévention du haze ?

La prévention du haze a bénéficié des progrès les plus marquants des vingt dernières années. Les profils d’ablation modernes sont lissés, optimisés et conçus pour minimiser la dispersion thermique, ce qui réduit la stimulation cicatricielle. Les lasers de dernière génération, qu’il s’agisse du transPKR ou de la PKR classique, délivrent une énergie beaucoup plus homogène, ce qui diminue considérablement la réaction fibrotique.

L’application d’un collyre de mitomycine C diluée pendant quelques secondes lors de la chirurgie reste l’un des gestes les plus efficaces dans les corrections moyennes à fortes. Ce médicament agit directement sur les cellules responsables du haze et empêche leur prolifération excessive. Utilisée aujourd’hui dans des conditions strictes, avec des concentrations faibles et une irrigation abondante, la mitomycine est sûre et extrêmement performante.

La protection solaire joue également un rôle essentiel dans la prévention. Le port de lunettes filtrant les UV est recommandé pendant les premiers mois, surtout pour les patients opérés au printemps ou en été. Enfin, l’hydratation régulière, l’absence de frottement et le respect scrupuleux du suivi postopératoire forment un trio indispensable au bon déroulement de la cicatrisation.

Le haze post-PKR : encore fréquent aujourd’hui ?

La réponse est clairement non. Le haze qui inquiétait les chirurgiens au début de la PKR appartient presque au passé. Les taux actuels sont extrêmement faibles, en particulier pour les corrections légères à modérées, qui constituent la majorité des indications. 

Même dans les corrections plus fortes, la combinaison profil d’ablation optimisé, lasers de nouvelle génération et mitomycine a fait chuter le risque à des niveaux très bas.

Dans la réalité quotidienne d’un cabinet moderne, la PKR et la transPKR sont des techniques sûres et parfaitement maîtrisées. Le haze n’est plus un sujet d’inquiétude mais un phénomène rare, anticipé et prévenu par des stratégies éprouvées. Il reste important d’en informer les patients, non pas pour les alarmer, mais pour leur expliquer que la chirurgie de surface bénéficie aujourd’hui d’un recul et d’une maturité technologique qui rendent cette complication exceptionnelle.

La question pertinente n’est donc plus de savoir si le haze va survenir, mais plutôt de choisir la technique la plus adaptée au profil de chaque patient. Lorsque la PKR ou la transPKR est indiquée, la sécurité et la prévisibilité sont au rendez-vous, avec une qualité visuelle finale équivalente à celle obtenue par LASIK.