Chirurgie réfractive 4 minutes de lecture

LASIK vs SMILE : quelle technique cause le moins de sécheresse oculaire ?

Auteur : Dr Stacy Charpentier

Picotements, sensation de sable, brûlures ou vision fluctuante : une sécheresse oculaire peut apparaître après une chirurgie réfractive. Le LASIK et le SMILE ne sollicitent toutefois pas la cornée de la même manière. En moyenne, le SMILE préserve mieux les nerfs cornéens et la stabilité du film lacrymal pendant les premiers mois. Il ne garantit pas pour autant l’absence de symptômes : l’état de la surface oculaire avant l’intervention reste déterminant [1-4].

Comparaison de la sécheresse oculaire après LASIK et SMILE

En résumé

Après une chirurgie réfractive laser, la sécheresse oculaire survient en raison de l’altération temporaire des nerfs cornéens. Bien que le ReLEx SMILE préserve mieux la sensibilité cornéenne précoce grâce à son absence de capot comparativement au LASIK, le bilan préopératoire individuel reste le facteur clé du succès.

Mon avis

Le SMILE offre un confort initial souvent supérieur, mais le choix de la technique doit être guidé par une analyse personnalisée de votre cornée et de votre film lacrymal.

Pourquoi le laser des yeux peut-il provoquer une sécheresse ?

Les nerfs cornéens participent au réflexe reliant la cornée, le clignement et les glandes lacrymales. Toute chirurgie cornéenne en sectionne temporairement une partie. La sensibilité peut alors diminuer, avec une stimulation lacrymale moindre et un film de larmes plus instable.

L’inflammation postopératoire ou un dysfonctionnement des glandes de Meibomius peuvent accentuer les brûlures, les picotements, la fatigue visuelle, le larmoiement paradoxal et les fluctuations de la vision [1,5].

Schéma du mécanisme
Section des nerfs cornéens → sensibilité réduite → réflexe lacrymal perturbé → film lacrymal instable → inconfort et vision fluctuante.

Pourquoi le SMILE paraît-il plus favorable au film lacrymal ?

Lors d’un LASIK, un laser femtoseconde crée un volet cornéen, puis un laser excimer remodèle le stroma. La découpe circulaire du volet traverse davantage de fibres nerveuses superficielles. Avec le SMILE, un lenticule est créé dans la cornée puis extrait par une petite incision, sans volet. Une plus grande partie du réseau nerveux antérieur est ainsi préservée [1,2].

Dans un essai randomisé portant sur 40 patients, chaque participant a reçu un LASIK dans un œil et un SMILE dans l’autre. La sensibilité cornéenne était davantage diminuée après LASIK à un, trois et six mois. À douze mois, les deux groupes avaient retrouvé leur niveau initial. Les symptômes déclarés par les patients ne différaient cependant pas entre les techniques [3].

Une méta-analyse de 18 études publiée en 2025 conclut également à une meilleure stabilité lacrymale et une meilleure sensibilité cornéenne après extraction lenticulaire, dont le SMILE. Les résultats étaient en revanche similaires pour le questionnaire de symptômes OSDI et le test de Schirmer, qui évalue la production de larmes [4].

Critère LASIK SMILE
Accès à la cornée Volet cornéen Petite incision, sans volet
Sensibilité précoce Souvent plus diminuée Mieux préservée en moyenne
Film lacrymal Altération initiale plus marquée Récupération souvent plus rapide
Symptômes ressentis Variables Parfois similaires au LASIK
Évolution Amélioration habituelle dans les 3 à 6 mois Amélioration habituelle dans les 1 à 3 mois
Accès à la cornée
LASIK
Volet cornéen
SMILE
Petite incision, sans volet
Sensibilité précoce
LASIK
Souvent plus diminuée
SMILE
Mieux préservée en moyenne
Film lacrymal
LASIK
Altération initiale plus marquée
SMILE
Récupération souvent plus rapide
Symptômes ressentis
LASIK
Variables
SMILE
Parfois similaires au LASIK
Évolution
LASIK
Amélioration habituelle dans les 3 à 6 mois
SMILE
Amélioration habituelle dans les 1 à 3 mois

Sources du tableau : études comparatives et méta-analyses [2-4,6].

Qui présente le plus de risque après l’opération ?

Le principal facteur de risque est une sécheresse déjà présente avant la chirurgie. Une blépharite, un dysfonctionnement des glandes de Meibomius, une faible stabilité lacrymale ou une intolérance aux lentilles doivent être recherchés pendant le bilan [1,5]. Mieux vaut consulter dès les premiers signes d’inconfort avec les lentilles plutôt que d’attendre une intolérance complète.

Le choix dépend également de la correction à traiter, de la forme et de l’épaisseur de la cornée ainsi que des besoins visuels. Le SMILE n’est donc pas automatiquement préférable à tout LASIK.

Comment prévenir ou soulager la sécheresse postopératoire ?

Avant l’intervention, la surface oculaire doit être examinée et, si nécessaire, stabilisée. Après le laser, les larmes artificielles sans conservateur et les autres traitements doivent être utilisés conformément à la prescription.

Des pauses devant les écrans, un clignement régulier et l’évitement des flux directs de climatisation ou de chauffage peuvent améliorer le confort. Une atteinte des paupières ou des glandes de Meibomius nécessite un traitement spécifique. Les bouchons lacrymaux et les collyres anti-inflammatoires ne sont indiqués qu’après une évaluation médicale [1,5].

Une douleur importante, une baisse de vision ou une rougeur croissante ne doivent pas être attribuées automatiquement à la sécheresse et justifient un avis ophtalmologique rapide.

Alors, LASIK ou SMILE ?

Chez un patient éligible aux deux techniques et particulièrement exposé à la sécheresse, le SMILE peut offrir un avantage pendant la récupération précoce. Le LASIK reste néanmoins une option efficace, et l’inconfort est souvent transitoire. La décision doit reposer sur un bilan de la cornée, des larmes et des besoins du patient, plutôt que sur un classement universel [2-4,6].

FAQ sur la sécheresse après LASIK ou SMILE

Combien de temps dure la sécheresse après un LASIK ou un SMILE ?

Elle est généralement plus marquée pendant les premières semaines, puis s’améliore avec la réinnervation cornéenne. La récupération peut demander plusieurs mois et varie selon l’état de la surface oculaire avant l’opération. Une gêne persistante, croissante ou associée à une baisse visuelle doit être réévaluée [3,4,6].

Peut-on être opéré lorsque l’on a déjà les yeux secs ?

Une sécheresse préexistante n’exclut pas systématiquement la chirurgie, mais elle doit d’abord être diagnostiquée et traitée. Le chirurgien peut ensuite confirmer l’éligibilité, adapter la technique ou différer l’intervention jusqu’à la stabilisation de la surface oculaire [1,5].

Quelle est la différence majeure entre le LASIK et le SMILE concernant la découpe de la cornée ?

Lors du LASIK, je réalise une découpe circulaire à la surface de la cornée pour créer un volet d’accès (capot). Avec la technique SMILE, je pratique simplement une micro-incision sans découper de volet, ce qui me permet de préserver davantage de fibres nerveuses cornéennes antérieures.

Pourquoi coupe-t-on des nerfs cornéens lors d’une chirurgie au laser ?

Toute intervention réfractive sur la cornée nécessite de modifier son stroma pour corriger votre vision, ce qui sectionne temporairement les microscopiques nerfs superficiels. Cette altération transitoire réduit la sensibilité de la surface oculaire et perturbe le réflexe naturel de sécrétion des larmes.

En combien de temps la sensibilité cornéenne et le film lacrymal se régénèrent-ils ?

La réinnervation cornéenne et la stabilisation des larmes surviennent progressivement après l’opération. En règle générale, la récupération s’étale sur 1 à 3 mois après un SMILE et sur 3 à 6 mois après un LASIK, période à l’issue de laquelle la sensibilité retrouve son niveau initial.

Quels sont les symptômes typiques d’une sécheresse oculaire après une opération des yeux ?

Après le laser, mes patients rapportent parfois des picotements, une sensation de grain de sable sous la paupière, des brûlures ou une fatigue visuelle. Ces manifestations s’accompagnent fréquemment d’une vision qui fluctue dans la journée ou d’un larmoiement paradoxal.

Le SMILE garantit-il une absence totale de sécheresse oculaire ?

Non, le SMILE ne garantit pas zéro sécheresse, même s’il préserve mieux le réseau nerveux initialement. Bien que les tests d’hydratation soient souvent plus favorables au début après un SMILE, le niveau de gêne ressenti par le patient peut parfois être très similaire à celui d’un LASIK.

Quels facteurs de risque identifiez-vous avant de recommander le LASIK ou le SMILE ?

Lors du bilan préopératoire, je recherche attentivement une sécheresse préexistante, une blépharite, un dysfonctionnement des glandes de Meibomius ou une intolérance aux lentilles de contact. Ces éléments, combinés à l’épaisseur de votre cornée et à votre correction, orientent mon choix technologique.

Que faire si mes yeux sont déjà secs avant d’envisager une chirurgie réfractive ?

Une sécheresse oculaire préalable ne contre-indique pas systématiquement l’intervention. Il est toutefois indispensable que je diagnostique sa cause et que nous la traitions efficacement avant d’envisager le laser pour stabiliser durablement la surface oculaire.

Comment puis-je soulager mes yeux au quotidien durant les semaines suivant le laser ?

Je vous prescris des collyres et larmes artificielles sans conservateur à appliquer régulièrement. En complément, veillez à faire des pauses fréquentes face aux écrans, à cligner souvent des yeux et à vous préserver des flux directs de climatisation ou de chauffage.

Peut-on utiliser des bouchons lacrymaux ou des collyres anti-inflammatoires en cas de gêne importante ?

Ces options thérapeutiques avancées sont tout à fait envisagables, mais elles nécessitent impérativement mon évaluation en consultation. Je décide de leur mise en place uniquement si les larmes artificielles classiques et les mesures d’hygiène de paupières ne suffisent pas.

Quand faut-il m’alerter et consulter en urgence après l’intervention ?

Une sensation de sécheresse légère est courante, mais une douleur vive, une rougeur oculaire croissante ou une baisse brutale de la vision ne doivent jamais être négligées. Si vous observez ces signes, contactez immédiatement mon cabinet pour un examen de contrôle.