Chirurgie cataracte 5 minutes de lecture

Cataracte et presbytie : peut-on corriger les deux en même temps ?

La cataracte brouille le vision à l’image d’une vitre qui perd sa transparence. La presbytie, elle, éloigne peu à peu le livre, le menu du restaurant ou l’écran du téléphone. Lorsque les deux se rencontrent, une question revient souvent en consultation : faut-il seulement retirer la cataracte, ou peut-on profiter de l’intervention pour retrouver une vision plus confortable à plusieurs distances ?

Aujourd’hui, la chirurgie de la cataracte peut aussi corriger la presbytie chez certains patients, grâce à des implants permettant de réduire la dépendance aux lunettes.

Cataracte et presbytie | Dr Stacy Charpentier | Paris

Résumé

La chirurgie de la cataracte permet de traiter simultanément la presbytie en remplaçant le cristallin opacifié par un implant intraoculaire multifocal ou EDOF. Cette approche personnalisée offre aux patients la possibilité de restaurer une vision nette à plusieurs distances et de réduire durablement leur dépendance aux lunettes.

Mon Avis

En tant que chirurgienne ophtalmologiste, je considère que traiter conjointement la cataracte et la presbytie constitue une formidable opportunité d’offrir une véritable liberté visuelle au quotidien, à condition de valider la faisabilité lors du bilan préopératoire.

Cataracte et presbytie : quelles différences ?

Cataracte et presbytie touchent toutes les deux le cristallin, mais pas de la même façon. La cataracte correspond à l’opacification progressive du cristallin naturel : la lumière traverse moins bien l’œil, les contrastes diminuent, les couleurs paraissent plus ternes et l’éblouissement peut devenir gênant. La chirurgie de la cataracte consiste à remplacer ce cristallin trouble par une lentille intraoculaire artificielle, appelée implant. Moorfields décrit l’intervention comme le remplacement du cristallin opacifié par un implant intraoculaire.

La presbytie, elle, n’est pas une maladie. C’est la perte progressive de l’accommodation, c’est-à-dire de la capacité de l’œil à faire la mise au point de près. Elle explique le geste consistant à éloigner son journal ou son smartphone. Un patient peut donc être presbyte sans cataracte, cataracté sans être très gêné de près, ou présenter les deux au même moment.

La chirurgie de la cataracte peut-elle corriger la presbytie ?

Oui, dans certains cas. La chirurgie du cristallin offre un moment unique : puisque le cristallin naturel est retiré, l’implant choisi peut être calculé non seulement pour remplacer la lentille opacifiée, mais aussi pour améliorer la vision sans lunettes.

Avec un implant monofocal classique, l’œil est généralement réglé pour bien voir à une distance principale, souvent de loin. Dans ce cas, une opération cataracte reste souvent nécessaire pour lire ou travailler de près. D’autres options visent à réduire cette dépendance : implant multifocal, implants multifocaux cataracte, implant EDOF, implant torique en cas d’astigmatisme, ou parfois monovision.

L’implant multifocal répartit la lumière sur plusieurs foyers, afin de proposer une vision utile de loin, de près et parfois en vision intermédiaire. L’implant EDOF, ou implant à profondeur de champ étendue, cherche plutôt à allonger la zone de netteté, notamment pour la vision de loin et intermédiaire. Moorfields distingue les implants monofocaux, EDOF et multifocaux selon les distances de vision recherchées.

Peut-on corriger d’autres troubles visuels en même temps ?

La réponse est souvent oui, à condition de l’anticiper. Lors du bilan avant chirurgie, le chirurgien mesure précisément la longueur de l’œil, la courbure cornéenne, l’astigmatisme, l’état de la rétine, la qualité du film lacrymal et les habitudes visuelles du patient.

Ces données permettent d’envisager une correction de la vision après cataracte plus personnalisée.

Une myopie ou une hypermétropie peuvent être corrigées par le calcul de puissance de l’implant. Un astigmatisme cornéen peut, dans certains cas, être corrigé par un implant torique. La correction n’est donc pas seulement une question de cataracte : elle devient un projet optique global. L’objectif est de savoir si le patient veut surtout conduire sans lunettes, lire, utiliser un ordinateur, cuisiner, regarder un tableau de bord ou travailler sur plusieurs écrans.

Tous les patients sont-ils candidats à cette correction ?

Non, et c’est précisément pourquoi le bilan préopératoire est essentiel. Les implants premium ne conviennent pas à tous les yeux ni à tous les modes de vie. Les implants multifocaux et EDOF peuvent améliorer la vision de loin et de près sans correction et réduire la dépendance aux lunettes après chirurgie de la cataracte, mais ils peuvent aussi être associés à davantage de phénomènes lumineux et à une baisse de sensibilité aux contrastes par rapport aux implants monofocaux.

Certaines situations demandent donc de la prudence : pathologie rétinienne, glaucome évolué, sécheresse oculaire importante, irrégularité cornéenne, forte exigence de vision nocturne ou difficulté à tolérer les halos. Le bon implant n’est pas toujours le plus sophistiqué ; c’est celui qui correspond le mieux à l’œil, au cerveau visuel et au quotidien du patient.

En résumé, cataracte et presbytie peuvent parfois être corrigées dans le même temps opératoire. La chirurgie de la cataracte et de la presbytie permet d’aller au-delà du simple retrait du cristallin opaque : elle ouvre la possibilité d’une vision plus indépendante, pensée sur mesure. À Paris, une consultation spécialisée en chirurgie réfractive et chirurgie du cristallin permet de déterminer si un implant multifocal, un implant EDOF, un implant torique ou une solution plus classique offrira le meilleur équilibre entre netteté, confort et sécurité visuelle.

FAQ

Quel est le type d’implant le plus adapté pour corriger à la fois la cataracte et la presbytie ?

Le choix dépend principalement de votre mode de vie et de vos attentes visuelles. Les implants multifocaux permettent de voir de près, de loin et à distance intermédiaire sans lunettes, tandis que les implants EDOF (à profondeur de champ étendue) privilégient une transition fluide entre la vision de loin et la vision intermédiaire (écran, tableau de bord). Lors du bilan préopératoire, je vous oriente vers le modèle qui s’adapte le mieux à votre quotidien.

Peut-on également corriger l’astigmatisme ou la myopie pendant la même opération ?

Oui, absolument. Lors du calcul de la puissance de l’implant, je peux intégrer la correction de votre myopie ou de votre hypermétropie. Si vous présentez un astigmatisme cornéen, j’utilise un implant torique (qui peut également être multifocal ou EDOF), permettant ainsi de traiter l’ensemble de vos défauts visuels en un seul acte chirurgical.

Devrai-je quand même porter des lunettes de lecture après l’intervention ?

L’objectif de cette chirurgie combinée est de réduire au maximum votre dépendance aux corrections optiques. La majorité des patients opérés avec un implant multifocal peuvent se passer de lunettes pour la quasi-totalité de leurs activités quotidiennes. Toutefois, pour des travaux de très près particulièrement minitieux ou une lecture prolongée de petits caractères sous un faible éclairage, un appoint ponctuel peut parfois rester confortable.

Existe-t-il des contre-indications médicales à la pose d’implants multifocaux ?

Oui, certains yeux ne sont pas de bons candidats pour ces implants dits « premium ». En présence de pathologies de la rétine (comme la DMLA), d’un glaucome évolué, d’une sécheresse oculaire sévère ou de fortes irrégularités de la cornée, je recommande plutôt un implant monofocal pour préserver la qualité de contraste et la sécurité de votre vision.

Y a-t-il des effets secondaires visuels spécifiques aux implants multifocaux ?

Les implants multifocaux et EDOF fragmentent la lumière pour offrir plusieurs zones de netteté, ce qui peut générer la perception de légers halos lumineux ou d’éblouissements autour des sources d’éclairage la nuit. On observe également une très légère baisse de la sensibilité aux contrastes par rapport à un implant monofocal, mais ces phénomènes s’atténuent généralement au fil du temps grâce à l’adaptation cérébrale.

Est-ce que la sécurité sociale et les mutuelles remboursent la correction de la presbytie lors de la cataracte ?

L’opération de la cataracte et le tarif de base de l’implant sont pris en charge par la Sécurité sociale et les mutuelles. En revanche, le surcoût lié aux technologies d’implants dits « premium » (multifocaux, EDOF ou toriques) constitue un dépassement ou un forfait non couvert par le régime obligatoire. De nombreuses mutuelles proposent toutefois un remboursement partiel ou total de cette option réfractive.

En quoi consiste la technique de la monovision pour la cataracte et la presbytie ?

La monovision, ou bascule, est une alternative aux implants multifocaux. Elle consiste à poser des implants monofocaux en réglant un œil pour la vision de loin (l’œil dominant) et l’autre œil pour la vision de près. Votre cerveau fusionne ensuite les deux images pour vous offrir une autonomie visuelle très satisfaisante sans générer de halos nocturnes.

L’opération se déroule-t-elle de la même façon qu’une chirurgie de la cataracte classique ?

Oui, le déroulement chirurgical reste rigoureusement le même. L’intervention est rapide, indolore, réalisée en ambulatoire sous anesthésie locale par collyres. La seule différence réside dans la phase de planification préopératoire et dans le type d’implant inséré dans l’œil à la place du cristallin opacifié.

Combien de temps faut-il pour s’adapter à sa nouvelle vision multifocale ?

La récupération de l’acuité visuelle est rapide, mais l’adaptation cérébrale à la répartition de la lumière (processus de neuro-adaptation) demande habituellement entre quelques semaines et trois mois. Durant cette période, votre cerveau apprend naturellement à privilégier la bonne image selon la distance à laquelle vous regardez.

Pourquoi le bilan préopératoire est-il plus complexe pour corriger la presbytie et la cataracte ?

Ce bilan approfondi est indispensable car il permet de mesurer l’œil au micromètre près (longueur, courbure cornéenne, qualité du film lacrymal) et d’analyser l’état de votre rétine. En tant que chirurgienne, cette étape me permet de m’assurer que votre œil présente toutes les garanties anatomiques nécessaires pour tolérer un implant multifocal et garantir le meilleur résultat visuel possible.