Cataracte et presbytie : peut-on corriger les deux en même temps ?
Cataracte et presbytie : quelles différences ?
Cataracte et presbytie touchent toutes les deux le cristallin, mais pas de la même façon. La cataracte correspond à l’opacification progressive du cristallin naturel : la lumière traverse moins bien l’œil, les contrastes diminuent, les couleurs paraissent plus ternes et l’éblouissement peut devenir gênant. La chirurgie de la cataracte consiste à remplacer ce cristallin trouble par une lentille intraoculaire artificielle, appelée implant. Moorfields décrit l’intervention comme le remplacement du cristallin opacifié par un implant intraoculaire.
La presbytie, elle, n’est pas une maladie. C’est la perte progressive de l’accommodation, c’est-à-dire de la capacité de l’œil à faire la mise au point de près. Elle explique le geste consistant à éloigner son journal ou son smartphone. Un patient peut donc être presbyte sans cataracte, cataracté sans être très gêné de près, ou présenter les deux au même moment.
La chirurgie de la cataracte peut-elle corriger la presbytie ?
Oui, dans certains cas. La chirurgie du cristallin offre un moment unique : puisque le cristallin naturel est retiré, l’implant choisi peut être calculé non seulement pour remplacer la lentille opacifiée, mais aussi pour améliorer la vision sans lunettes.
Avec un implant monofocal classique, l’œil est généralement réglé pour bien voir à une distance principale, souvent de loin. Dans ce cas, une opération cataracte reste souvent nécessaire pour lire ou travailler de près. D’autres options visent à réduire cette dépendance : implant multifocal, implants multifocaux cataracte, implant EDOF, implant torique en cas d’astigmatisme, ou parfois monovision.
L’implant multifocal répartit la lumière sur plusieurs foyers, afin de proposer une vision utile de loin, de près et parfois en vision intermédiaire. L’implant EDOF, ou implant à profondeur de champ étendue, cherche plutôt à allonger la zone de netteté, notamment pour la vision de loin et intermédiaire. Moorfields distingue les implants monofocaux, EDOF et multifocaux selon les distances de vision recherchées.
Peut-on corriger d’autres troubles visuels en même temps ?
La réponse est souvent oui, à condition de l’anticiper. Lors du bilan avant chirurgie, le chirurgien mesure précisément la longueur de l’œil, la courbure cornéenne, l’astigmatisme, l’état de la rétine, la qualité du film lacrymal et les habitudes visuelles du patient.
Ces données permettent d’envisager une correction de la vision après cataracte plus personnalisée.
Une myopie ou une hypermétropie peuvent être corrigées par le calcul de puissance de l’implant. Un astigmatisme cornéen peut, dans certains cas, être corrigé par un implant torique. La correction n’est donc pas seulement une question de cataracte : elle devient un projet optique global. L’objectif est de savoir si le patient veut surtout conduire sans lunettes, lire, utiliser un ordinateur, cuisiner, regarder un tableau de bord ou travailler sur plusieurs écrans.
Tous les patients sont-ils candidats à cette correction ?
Non, et c’est précisément pourquoi le bilan préopératoire est essentiel. Les implants premium ne conviennent pas à tous les yeux ni à tous les modes de vie. Les implants multifocaux et EDOF peuvent améliorer la vision de loin et de près sans correction et réduire la dépendance aux lunettes après chirurgie de la cataracte, mais ils peuvent aussi être associés à davantage de phénomènes lumineux et à une baisse de sensibilité aux contrastes par rapport aux implants monofocaux.
Certaines situations demandent donc de la prudence : pathologie rétinienne, glaucome évolué, sécheresse oculaire importante, irrégularité cornéenne, forte exigence de vision nocturne ou difficulté à tolérer les halos. Le bon implant n’est pas toujours le plus sophistiqué ; c’est celui qui correspond le mieux à l’œil, au cerveau visuel et au quotidien du patient.
En résumé, cataracte et presbytie peuvent parfois être corrigées dans le même temps opératoire. La chirurgie de la cataracte et de la presbytie permet d’aller au-delà du simple retrait du cristallin opaque : elle ouvre la possibilité d’une vision plus indépendante, pensée sur mesure. À Paris, une consultation spécialisée en chirurgie réfractive et chirurgie du cristallin permet de déterminer si un implant multifocal, un implant EDOF, un implant torique ou une solution plus classique offrira le meilleur équilibre entre netteté, confort et sécurité visuelle.