LASIK, PKR ou SMILE : quelle technique réduit le risque de récidive après chirurgie ?
Comprendre les trois principales techniques de chirurgie réfractive
1. Le LASIK (Laser-Assisted in Situ Keratomileusis)
Technique la plus répandue dans le monde, le LASIK consiste à créer un volet cornéen très fin à la surface de la cornée à l’aide d’un laser femtoseconde, puis à remodeler les couches sous-jacentes avec un laser excimer. Le volet est ensuite repositionné sans suture.
Ses avantages : récupération visuelle rapide, confort immédiat et excellente précision.
2. La PKR (PhotoKératectomie Réfractive)
C’est la technique “de surface”. L’épithélium cornéen (couche superficielle) est retiré avant l’action du laser excimer. La cicatrisation nécessite quelques jours, mais la cornée conserve son intégrité structurelle complète.
Ses avantages : absence de volet, risque traumatique minimal à long terme.
3. Le SMILE (Small Incision Lenticule Extraction)
Technique la plus récente : le laser femtoseconde sculpte un lenticule de tissu cornéen à l’intérieur de la cornée, extrait à travers une micro-incision de 2 à 3 mm.
Ses avantages : moindre sécheresse post-opératoire.
Toutes trois donnent des résultats visuels excellents, mais leur stabilité à long terme peut varier légèrement selon le profil du patient.
Pourquoi peut‑on avoir une reprise ou un « recul visuel » après chirurgie réfractive ?
Le terme “recul visuel” (ou régression réfractive ) désigne une perte partielle du bénéfice initial de la chirurgie, conduisant parfois à une légère myopie résiduelle ou à une vision moins nette à distance.
Il ne s’agit pas d’un “échec”, mais d’une évolution naturelle multifactorielle.
Les principales causes sont :
- Variations cicatricielles de la cornée : certaines fibres stromales peuvent se réorganiser dans les mois qui suivent la chirurgie, modifiant très légèrement la courbure cornéenne
- Évolution physiologique du globe oculaire : chez les jeunes myopes, l’œil peut encore s’allonger dans les années suivant l’intervention, reproduisant une légère myopie
- Vieillissement naturel : à partir de 40 ans, la presbytie ou des changements cristalliniens peuvent influencer la perception de la vision de loin
- Facteurs externes : sécheresse oculaire chronique, frottements répétés des yeux, variations hormonales ou troubles métaboliques (diabète, corticoïdes) peuvent jouer un rôle
La régression réfractive est donc rarement liée à une “erreur” du laser, mais à l’évolution biologique propre à chaque œil.
Les études montrent que :
- Après LASIK, une régression mineure (< 0,50 dioptrie) touche 5 à 10 % des patients à long terme
- Après PKR, cette proportion est légèrement supérieure, autour de 10 à 15 %, du fait de la cicatrisation plus active en surface
- Après SMILE, les données à 10 ans montrent une stabilité visuelle comparable au LASIK, avec une régression < 0,25 D dans la majorité des cas
LASIK, PRK ou SMILE : quelle technique offre le meilleur profil pour éviter une reprise ?
Chaque technique possède des avantages selon le profil du patient, mais certaines caractéristiques influencent la stabilité optique à long terme :
Le LASIK : l’équilibre entre précision et confort
Les lasers femtoseconde de dernière génération offrent un traitement reproductible.
Les études (Wallerstein et al., Cornea 2020 ; Reinstein et al., J Cataract Refract Surg 2021) montrent une stabilité remarquable sur 10 ans, avec une régression moyenne inférieure à 0,25 dioptrie.
Cependant, la présence d’un volet rend la cornée légèrement moins rigide : en cas de frottements ou de cornée fine, une micro-évolution peut survenir avec le temps.
La PKR : une cicatrisation plus active, parfois plus variable
La technique de surface élimine tout risque lié au volet, mais la cicatrisation épithéliale entraîne une activation du remodelage stromal, susceptible d’induire une myopie résiduelle légère, notamment chez les fortes corrections.
La stabilité à long terme est excellente, mais la variabilité interindividuelle reste un peu plus marquée.
Le SMILE : comparable au LASIK
De nombreuses études longitudinales (Liu et al., Ophthalmology 2022 ; Ganesh et al., J Refract Surg 2020) rapportent une stabilité visuelle exceptionnelle à 5 et 10 ans, avec un taux de reprise inférieur à 1 %.
Conclusion
Le choix final repose toujours sur un bilan pré-opératoire personnalisé : topographie, épaisseur cornéenne, âge, habitudes de vie et attentes visuelles.
Grâce aux lasers de dernière génération et à une sélection rigoureuse, le risque de “recul visuel” reste aujourd’hui inférieur à 5 %, toutes techniques confondues, confirmant la fiabilité remarquable de la chirurgie réfractive moderne.