Chirurgie réfractive 6 minutes de lecture

LASIK, PKR ou SMILE : quelle technique réduit le risque de récidive ?

Auteur : Dr CHARPENTIER Stacy

La myopie peut-elle revenir après une opération au laser ? Le LASIK, la PKR et le SMILE permettent une correction durable, mais aucun ne garantit une vision inchangée toute la vie. Les études ne permettent pas de désigner une technique universellement supérieure pour éviter la régression. La stabilité dépend aussi de la correction initiale, de la cicatrisation et de l’évolution de l’œil.

LASIK, PKR ou SMILE | Dr Stacy Charpentier | Paris

En résumé

Après un LASIK, la découpe d’un capot cornéen expose l’œil à un risque rare mais réel de déplacement ou de plissement de volet en cas de choc direct ou de frottement appuyé. La prise en charge rapide en cabinet ou au bloc permet de repositionner le capot et de préserver intégralement l’acuité visuelle.

Mon avis

Pour les personnes pratiquant des métiers exposés ou des sports de contact, je recommande d’orienter le choix vers une PKR ou un SMILE pour éviter tout risque lié au volet.

Qu’appelle-t-on « récidive » après une chirurgie réfractive ?

La régression réfractive correspond à une diminution du bénéfice obtenu après une correction initialement satisfaisante. Elle se distingue d’une sous-correction présente dès les premiers contrôles.

Plusieurs mécanismes peuvent intervenir : remodelage de l’épithélium, couche superficielle de la cornée, modifications du stroma sous-jacent ou poursuite de l’évolution myopique. La cicatrisation cornéenne joue donc un rôle dans la stabilité du résultat (1).

Toute vision floue n’est cependant pas une récidive. Une sécheresse peut provoquer des fluctuations visuelles. La presbytie entraîne surtout une difficulté à voir de près avec l’âge, tandis qu’une modification du cristallin, notamment une cataracte, peut changer la correction. Un examen permet de distinguer ces situations.

LASIK, PKR et SMILE : quelles différences ?

Les trois techniques modifient la forme de la cornée en retirant du tissu. Leur mode d’action et leur cicatrisation diffèrent.

Technique Principe Particularité à retenir
LASIK Laser excimer sous un volet cornéen Récupération généralement rapide ; une régression reste possible.
PKR Laser excimer en surface, après retrait de l’épithélium Absence de volet ; récupération et stabilisation plus progressives.
SMILE Extraction d’un lenticule par une petite incision Absence de volet ; le remodelage cornéen reste possible.
LASIK
Principe
Laser excimer sous un volet cornéen
Particularité à retenir
Récupération généralement rapide ; une régression reste possible.
PKR
Principe
Laser excimer en surface, après retrait de l’épithélium
Particularité à retenir
Absence de volet ; récupération et stabilisation plus progressives.
SMILE
Principe
Extraction d’un lenticule par une petite incision
Particularité à retenir
Absence de volet ; le remodelage cornéen reste possible.

La PKR ne préserve donc pas intégralement la structure cornéenne : elle retire également du tissu. De même, l’absence de volet après SMILE ne garantit pas l’absence de régression (1).

Que montrent les études à long terme&nbsp?

LASIK et PKR : une comparaison nuancée

Une étude rétrospective portant sur 1 127 yeux opérés par LASIK et 270 par PKR a observé une évolution vers la myopie dans les deux groupes jusqu’à six ans. Au-delà, la correction était plus stable dans le groupe PKR (2).

Ce résultat ne permet pas d’affirmer que la PKR est toujours préférable : les patients, les traitements et les technologies étudiés doivent être pris en compte. Il contredit néanmoins l’idée selon laquelle la PKR provoquerait systématiquement davantage de récidives.

SMILE : des résultats encourageants à dix ans

Dans une étude de 32 yeux suivis pendant dix ans, la régression moyenne après SMILE était de −0,32 dioptrie. À dix ans, 81 % des yeux se situaient à moins de 0,50 dioptrie de la correction visée (3).

Ces données soutiennent une bonne stabilité dans cette cohorte, mais son faible effectif et l’absence de comparaison directe empêchent de conclure à une supériorité sur le LASIK ou la PKR.

Un taux de retouche n’est pas un taux de régression : une petite variation peut rester bien tolérée et ne nécessiter aucune intervention.

Comment limiter le risque de régression ?

Le choix repose sur un bilan préopératoire personnalisé : stabilité de la correction, importance du défaut visuel, topographie et tomographie cornéennes, épaisseur disponible et état de la surface oculaire.

Une correction importante peut s’accompagner d’un remodelage plus marqué (1). La technique doit donc être adaptée aux caractéristiques de chaque œil, sans se limiter à sa nouveauté ou à la rapidité de récupération.

Après l’intervention, respecter les prescriptions et les contrôles permet de surveiller la cicatrisation. Une baisse progressive de vision nécessite un bilan : elle ne doit pas être automatiquement attribuée à une simple récidive.

FAQ

Une retouche est-elle toujours possible?

Non. Elle dépend de la gêne, de la stabilité de la correction et de l’épaisseur ainsi que de la régularité cornéennes. Il faut notamment exclure une ectasie, déformation progressive de la cornée. Une correction par lunettes peut parfois suffire (4).

Le laser empêche-t-il la myopie d’évoluer?

Non. Il corrige la puissance optique de la cornée, mais n’empêche pas une éventuelle évolution ultérieure de l’œil. Une myopie stable avant l’opération reste donc un élément essentiel du bilan.

Quelle technique choisir pour un résultat durable?

Celle dont le rapport bénéfices-risques correspond à votre œil. Lors d’un bilan de chirurgie réfractive à Paris, l’objectif est de sélectionner une correction adaptée et d’expliquer ses limites à long terme.

Est-il possible que le capot cornéen se déplace des années après un LASIK?

Oui, c’est tout à fait possible. La cicatrice mécanique périphérique du capot cornéen conserve une certaine vulnérabilité tout au long de votre vie, ce qui signifie qu’un choc direct violent ou un traumatisme oculaire sévère peut déplacer le volet, même des années après l’intervention.

Que dois-je faire si je reçois un coup dans l’œil après avoir été opéré en LASIK?

En cas de choc direct ou de traumatisme oculaire, vous devez éviter immédiatement de vous frotter l’œil et me contacter sans attendre pour une consultation d’urgence. Un examen au microscope me permettra de vérifier l’intégrité de la cornée et l’absence de déplacement du capot.

Quels sont les signes qui indiquent un déplacement ou des plis sur le volet cornéen?

Les symptômes caractéristiques associent une baisse soudaine de votre acuité visuelle, une sensation persistante de corps étranger ou de grain de sable, des larmoiements importants et une rougeur oculaire accompagnée de douleur.

Comment traitez-vous un capot cornéen qui a bougé à la suite d’un choc?

La prise en charge consiste à effectuer un rinçage sous le capot sous anesthésie locale afin d’éliminer les éventuelles impuretés, puis à réappliquer et lisser soigneusement le volet sur le stroma cornéen au cabinet ou au bloc opératoire pour restaurer la qualité optique.

Le fait de se frotter les yeux après la chirurgie peut-il endommager le capot?

Oui, le frottement oculaire vigoureux, tout particulièrement au cours des premières semaines postopératoires, constitue l’une des causes principales de plissement ou de déplacement du volet. C’est pourquoi je vous demande de ne surtout pas vous frotter les yeux durant la phase de cicatrisation initiale.

Doit-on porter des coques de protection la nuit après une opération de LASIK?

Absolument. Je vous prescris le port de coques protectrices transparentes pendant les premières nuits suivant l’opération afin d’éviter tout frottement involontaire ou pression accidentelle de vos mains contre vos yeux pendant votre sommeil.

Combien de temps faut-il attendre avant de reprendre les sports de contact ou de combat après un LASIK?

Pour les activités sportives douces, une reprise est possible après quelques jours, mais pour les sports de combat ou les sports collectifs à risque de choc direct, il est impératif d’attendre au moins un mois et d’utiliser des lunettes de protection adaptées.

Un traumatisme du capot cornéen peut-il entraîner une infection de la cornée?

Tout déplacement ou soulèvement de volet met à nu le stroma et rompt la barrière épithéliale naturelle, ce qui augmente le risque de kératite infectieuse. C’est pourquoi un traitement antibiotique local d’urgence vous sera immédiatement instillé lors du repositionnement.

La vision redevient-elle normale après le repositionnement d’un capot déplacé?

Oui, lorsque la prise en charge est rapide et réalisée dans les meilleures conditions d’aseptie, le lissage du capot permet de retrouver une acuité visuelle excellente et identique à celle d’avant le traumatisme.

Quelle technique laser privilégier si j’exerce une profession ou un sport à risque de chocs?

Si vous pratiquez un sport d’impact (boxe, arts martiaux, rugby) ou si vous exercez une profession exposée aux traumatismes (forces de l’ordre, pompiers), je vous oriente plutôt vers la PKR ou le SMILE, deux techniques de chirurgie réfractive qui ne nécessitent pas la création d’un capot cornéen.

Information médicale : cet article ne remplace pas les consignes personnalisées de votre chirurgien ni une consultation en cas de symptôme inhabituel.

Références scientifiques

(1) Moshirfar M, et al. Mechanisms of Optical Regression Following Corneal Laser Refractive Surgery: Epithelial and Stromal Responses. Med Hypothesis Discov Innov Ophthalmol. 2018;7(1):1–9. PubMed.

(2) Mori Y, et al. Comparison of laser in situ ketatomileusis and photorefractive keratectomy for myopia using a mixed-effects model. PLoS One. 2017;12(3). PubMed.

(3) Xia F, et al. Ten-year outcomes following small incision lenticule extraction for up to -10Dioptres myopia. Clin Exp Optom. 2024;107(3):285–290. PubMed.

(4) Moshirfar M, Jehangir N, Fenzl CR, McCaughey M. LASIK Enhancement: Clinical and Surgical Management. J Refract Surg. 2017;33(2):116–127. PubMed.