Traumatismes oculaires après LASIK : que faut‑il savoir ?
Quels types de traumatismes peuvent survenir après LASIK ?
Lors d’un LASIK, un volet cornéen (flap) est créé à la surface de la cornée à l’aide d’un laser femtoseconde. Ce volet est ensuite repositionné après le remodelage cornéen. Il adhère solidement, mais la cicatrisation de l’interface reste plus fragile qu’un tissu cornéen intact.
Les traumatismes post-LASIK sont rares : selon plusieurs séries publiées ( Hersh et al., J Cataract Refract Surg 2011 ; Wallerstein et al., Cornea 2020 ), la fréquence des déplacements tardifs du volet est estimée entre 0,01 % et 0,08 % des cas, soit moins d’un patient sur 10 000.
Les événements les plus fréquents sont :
- Les chocs directs (coup de poing, ballon, accident domestique) pouvant entraîner un déplacement partiel ou total du volet. La majorité surviennent dans les 12 premiers mois, mais des cas isolés ont été rapportés jusqu’à 15 ans après l’intervention
- Les frottements oculaires répétés, notamment en cas d’allergies ou de sécheresse, responsables de micro-déplacements du flap ou de réactions inflammatoires (DLK – Diffuse Lamellar Keratitis )
- Les érosions superficielles liées à un corps étranger ou à un traumatisme mineur, pouvant entraîner douleur et vision floue transitoire
- Les lésions graves (accident de voiture, plaie pénétrante, brûlure chimique) : elles restent exceptionnelles mais nécessitent une chirurgie urgente
Dans une étude de Wang et al. (Ophthalmology, 2017) portant sur plus de 100 000 yeux opérés, la survenue d’un traumatisme nécessitant une reprise chirurgicale du volet était inférieure à 0,02 %, confirmant la rareté extrême de ces situations.
Qui est concerné ? Facteurs de risque et populations à surveiller
La grande majorité des patients opérés par LASIK ne présentent jamais de problème traumatique.
Certaines situations exposent toutefois davantage :
- La pratique de sports de contact (boxe, rugby, arts martiaux, football)
- Les professions à risque de choc facial (armée, pompiers, police, métiers manuels)
- Ou encore le non-respect des consignes post-opératoires dans les premières semaines
Chez ces patients, le chirurgien peut recommander une autre technique de chirurgie réfractive sans volet cornéen, comme la PKR ou le SMILE, qui offrent la même qualité de vision tout en supprimant le risque de déplacement secondaire.
Que faire en cas de traumatisme oculaire après LASIK ?
Face à tout choc ou gêne oculaire sur un œil opéré, la priorité est de consulter en urgence un ophtalmologiste, de préférence le chirurgien ayant réalisé l’intervention.
Certaines erreurs à éviter :
- Ne pas se frotter l’œil
- Ne pas appliquer de collyre sans avis médical
Le praticien réalisera un examen complet avec microscope et imagerie cornéenne (topographie, OCT) pour vérifier la position du volet, la présence d’un œdème ou d’une inflammation.
Selon le diagnostic, plusieurs gestes peuvent être nécessaires :
- Repositionnement du volet cornéen : sous anesthésie locale, le flap est délicatement soulevé, nettoyé et replacé
- Traitement anti-inflammatoire et antibiotique : en collyres, pour limiter l’infection et la réaction inflammatoire
- Pansement cornéen ou lentille thérapeutique : pour favoriser la cicatrisation
- Surveillance rapprochée : en consultation dans les jours qui suivent
Dans la majorité des cas, une récupération visuelle complète est possible si la prise en charge est rapide. En revanche, un retard de consultation peut entraîner des complications : plis du volet, opacités, ou baisse d’acuité durable.
Prévention et bons réflexes à long terme
Quelques précautions simples permettent de réduire au maximum le risque de traumatisme après LASIK :
- Éviter les sports de contact pendant les 3 mois suivant la chirurgie
- Porter des lunettes de protection pour les activités à risque
- Ne jamais se frotter les yeux , même des années après
- Consulter systématiquement en cas de gêne, de douleur ou de vision trouble
Le LASIK reste aujourd’hui l’une des interventions les plus sûres en ophtalmologie, avec un taux de satisfaction supérieur à 98 %. Les complications liées à un traumatisme sont exceptionnelles et évitables grâce à une bonne information et un suivi attentif.
En conclusion
Les traumatismes oculaires après LASIK sont rares, mais peuvent affecter le volet cornéen s’ils ne sont pas pris en charge rapidement. Informer les patients à risque et encourager les bons réflexes : ne pas se frotter les yeux, consulter dès la moindre gêne, permettent de préserver les excellents résultats visuels obtenus par cette chirurgie.